Message d'erreur

This minisite is not configured. Please contact the site administrator.
Partager & Imprimer

Les contrastes démographiques français entre espaces urbains et espaces ruraux : graphiques commentés

La fécondité dans les grandes aires urbaines (2021)


Champ : Aires d’au moins 200000 habitants. 
Source : Insee, recensement de la population 2021.

Comment lire cette carte

Cette carte représente le degré d’attractivité familiale des aires d’attraction des villes d’au moins 200 000 habitants en 2021. Cette notion, déclinée en quatre modalités, est élaborée en comparant, pour chaque aire, l’indice conjoncturel de fécondité (nombre moyen d’enfants par femme) d’une part des femmes nées dans le reste de l’espace français et venues vivre dans l’aire considérée (« entrantes »), d’autre part des femmes nées dans l’aire, puis parties vivre ailleurs en France (« sortantes »).

L’écart de fécondité entre ces deux sous-groupes permet de catégoriser les aires comme suit : 
• lorsque les « entrantes » ont une fécondité (significativement) supérieure aux « sortantes », l’aire est considérée comme familialement « attractive » (au seuil d’un écart d’au moins 0,2 enfant) ;
• lorsque les « sortantes » ont une fécondité supérieure à celles des « entrantes », l’aire est considérée comme « non attractive » (également au seuil de 0,2) ;
• lorsque l’écart de fécondité entre les deux groupes est faible, l’aire est considérée soit comme « plutôt attractive » (intervalle compris entre 0 et + 0,2 enfant en faveur des entrantes, soit comme « plutôt pas attractive » (entre – 0,2 et 0).

Les aires attractives ou plutôt attractives sont signalées en bleu et bleu clair et les aires non attractives ou plutôt pas attractives le sont en rouge et rouge clair. Ainsi selon ce classement l’aire de Paris est plutôt non attractive, tandis que l’aire d’Orléans est plutôt attractive.

Le graphique fournit aussi l’indice conjoncturel de fécondité (ICF) pour l’ensemble des femmes de l’aire (affichage dans les vignettes au passage de la souris).

La fécondité urbaine : des contrastes marqués selon les lieux

La fécondité en milieu urbain est plus élevée que la fécondité des territoires ruraux. Si la fécondité varie d’un canton rural à l’autre, il en va de même de la fécondité urbaine.

Les niveaux de fécondité ne sont pas homogènes dans l’espace hexagonal, sans logique géographique du Nord au Sud ou d’Est en Ouest. Les disparités sont fortes, l’intervalle des ICF étant compris entre 1,40 et 1,96 enfant par femme. Les variations ne sont pas corrélées à la proportion d’immigrés au sein des aires.

Les cinq aires les moins fécondes sont Bayonne (1,40 enfant par femme), précédée de Metz, Dijon, Nancy (1,42) et Poitiers (1,43). Les cinq aires les plus fécondes sont Le Mans (1,96), suivi de Dunkerque (1,86), Le Havre (1,82), Nîmes et Lens-Lièvin (1,81).

Des espaces urbains diversement attractifs pour les familles

Les espaces urbains, en plus de différer du point de vue du niveau de la fécondité, se distinguent selon leur degré d’attractivité familiale.

Les aires les plus typées en termes d’attractivité ou de non-attractivité sont situées dans diverses régions de France et elles sont de toutes dimensions. Il n’y a donc ni logique régionale, ni effet de seuil.

Dans les aires dites « attractives » (1,74 enfant par femme en moyenne), la fécondité des entrantes est de 1,82 enfant, tandis que les sortantes en ont 1,54 (écart de 0,28). Deux aires sont situées à proximité du Luxembourg et de la Suisse. La « sur-fécondité » des entrantes peut être recherchée du côté des couples de travailleurs frontaliers. Dans ce groupe d’aires attractives, se trouvent aussi Le Mans et Dunkerque avec des ICF élevés (1,96 et 1,86 respectivement).

Dans les aires dites « non attractives » (1,60 enfant/femme en moyenne), les entrantes ont une fécondité plus faible (1,43) que les sortantes (1,69), soit un écart de – 0,26. Ces aires sont de taille un peu plus importante que celles du groupe des aires attractives. Dans ce groupe se trouvent Besançon, Poitiers et Nancy (avec un ICF d’environ 1,4), ainsi que Le Havre malgré un niveau de fécondité relativement élevé (1,82).

La distinction entre aires des groupes « plutôt attractives » et « plutôt non attractives » doit être nuancée car l’écart moyen de fécondité entre « entrantes » et « sortantes » est proche de zéro (+ 0,06 enfant dans le premier groupe et – 0,09 dans le second). Au sein des aires nettement classées comme « plutôt attractives », les plus fécondes sont Annemasse et Saint-Nazaire (1,73) et Mulhouse (1,70). Sont classées comme « plutôt non attractives », les aires de plus d’un million d’habitants : Aix-Marseille (1,67), Bordeaux (1,45), Lille (1,72), Lyon (1,69), Paris (1,68), Toulouse (1,50) (néanmoins, l’écart de fécondité entrantes/sortantes à Aix-Marseille et Paris est peu marqué).

Les contrastes de fécondité selon le type d’espace (urbain comme rural) soulignent le fait que le gradient social entre les couples (diplôme, niveau de vie, profession…) n’est pas le seul facteur de variations des comportements. Les populations vivant à la ville ou à la campagne sont aussi différentes.

Référence

Thierry X., 2025, Fécondité et infécondité en France : tendances, fluctuations et disparités territoriales, Population, vol. 80, n° 4, 63-83.

Les changements de commune dans l’année précédant le recensement, suivant les types de territoire (2022)


Champ : France hexagonale et Corse. 
Source : Insee, recensement de la population 2022, exploitation complémentaire.

Lire le graphique

Ce graphique présente les changements de commune de résidence au sein de la France hexagonale dans l’année précédant le recensement 2022, suivant les types de territoire urbains et ruraux. Seuls sont inclus les flux à l’origine et à destination de la France hexagonale et de la Corse : ils excluent les arrivées depuis l’étranger et l’outre-mer et les départs vers ces destinations. Les données dites du recensement de 2022 rassemblent les enquêtes annuelles du recensement de 2020 à 2024 : sont donc représentés les flux entre l’année précédant les enquêtes de recensement et l’année de l’enquête, c’est-à-dire au plus tôt les flux 2019-2020 et au plus tard, les flux 2023-2024.

Les communes urbaines correspondent aux communes densément peuplées ou de densité intermédiaire selon la grille de densité de l’Insee en 3 catégories. Les communes rurales sont quant à elles divisées en 4 grandes catégories définies selon la typologie structurelle des espaces ruraux produite en 2022 par Magali Talandier avec le cabinet Acadie : les communes rurales résidentielles, regroupant 13% de l’ensemble de la population française en 2021 et gravitant autour des moyennes ou grandes agglomérations dont elles forment les premières ou secondes couronnes périurbaines ; les petites polarités (11%) qui, en tant que bourgs ruraux, forment l’armature des espaces ruraux par leur concentration d’emplois, d’équipements et de services ; les communes rurales productives, à concentration ouvrière et/ou agricole, davantage marquées par l’enclavement géographique (6%) ; enfin les communes rurales touristiques situées en montagne ou sur le littoral, où ne résident de manière permanente que 3,5% de la population française mais dont presque la moitié du parc de logement est composé de résidences secondaires (Talandier et Acadie, 2023).

La population représentée est celle ayant connu un changement de commune de résidence dans l’année précédant le recensement. La colonne de gauche représente la distribution de cette population un an avant le recensement dans les cinq types de communes (effectif en millions d’individus) et celle de droite à la date du recensement. Au centre de la figure, sont représentés les flux entre chaque paire de type de commune de taille proportionnelle à leur effectif. Par exemple, environ 2 millions de personnes ont migré d’une commune urbaine vers une autre commune urbaine.

Des flux migratoires privilégiés entre l’urbain et certains types d’espaces ruraux

Dans l’année précédant le recensement de 2022, 4,1 millions de personnes ont changé de commune de résidence au sein de la France hexagonale. Parmi ces changements de commune, la majorité (52 %) se concentre au sein des espaces urbains. Les flux urbains-rural sont moins fréquents : 17 % des déplacements ont eu lieu d’un espace urbain vers un espace rural et 13 % ont suivi le chemin inverse. Enfin, 11 % des déplacements ont consisté en un changement de types de communes rurales (et 7 % restent dans le même type de communes rurales).

L’étude de ces flux permet de comprendre les dynamiques propres à chaque type d’espace rural. Les communes rurales résidentielles et, dans une moindre mesure, touristiques sont particulièrement marquées par les arrivées depuis les espaces urbains. Ainsi, près de 300 000 personnes ont quitté une commune urbaine pour une commune rurale résidentielle dans l’année précédant le recensement de 2022, ce qui représente 56 % des arrivées dans ce type d’espace. Ces flux suivent les dynamiques connues de périurbanisation qui s’étendent à des communes de plus en plus éloignées des agglomérations. À l’inverse, 360 000 personnes ont quitté les communes rurales résidentielles : si la majorité d’entre elles (229 000) se sont installées dans un espace urbain, ce flux est néanmoins plus faible que son inverse (300 000). L’urbain a également un poids important dans les lieux d’origine des flux vers les communes rurales touristiques, puisqu’il représente plus de 50 % des flux vers ce type d’espace, pourtant généralement plus éloigné des villes. Les communes rurales productives sont relativement moins marquées par des mobilités depuis l’urbain. Elles sont davantage liées aux petites polarités, tant du point de vue des mobilités entrantes que sortantes, ce qui souligne le rôle structurant de ces petites polarités dans le fonctionnement global des espaces ruraux.


Références

Cayouette Remblière J., Fromentin J., Le Roux G., 2025,  La répartition spatiale de la population française, Population, 80(4)

Talandier M., ACADIE (coopérative), 2023, « Etude sur la diversité des ruralités. “Typologies et trajectoires des territoires” », Rapport pour l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT), 86 p.

Vie de couple en France en 2022


Champ : France entière. 
Source : Insee, recensement 2022.
Défintion : La notion d’unité urbaine repose sur la continuité du bâti et le nombre d’habitants. Les unités urbaines sont construites en France métropolitaine et dans les DOM d’après la définition suivante : une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de 200 mètres entre deux constructions) qui compte au moins 2 000 habitants (définition Insee). Les communes qui n’appartiennent pas à une unité urbaine sont dites communes rurales.

Lire le graphique

Ce graphique présente la part de personnes vivant en couple en France en 2022 selon le groupe d’âges, le sexe et le milieu de résidence.
L’axe horizontal couvre l’ensemble des groupes d’âges quinquennaux, de 15-19 ans jusqu’à 60-64 ans. Pour chaque groupe d’âge, la part de personnes en couple est obtenue à partir des réponses déclarées par les individus à la question « vivez-vous en couple ? » lors du recensement de la population. Les personnes se déclarant en couple peuvent être mariées, pacsées ou en union libre, avec une personne de sexe différent ou de même sexe.
La distinction entre urbain et rural est établie selon que la commune de résidence des individus appartient à une unité urbaine ou non.

La proportion de personnes en couple est maximale vers 35 ans

Pour l’ensemble des plus de 15 ans, 62% des hommes et 63% des femmes déclarent vivre en couple en 2022. Vivre en couple devient majoritaire à partir de 25-29 ans pour les femmes et 30-34 ans pour les hommes. Cette part augmente avec l’âge jusque vers 40 ans où elle atteint son maximum, avec 71% des hommes et 73% des femmes en couple parmi les 35-39 ans. Au-delà de cet âge, la vie en couple est moins fréquente pour les femmes qui ne sont plus que 61% en couple à 60-64 ans alors que cette proportion se maintient pour les hommes qui sont encore 71% en couple à cet âge.

Le part de personnes vivant en couple augmente avec l’âge sous l’effet de la mise en couple progressive des jeunes adultes puis évolue avec la fréquence des dissolutions d’unions (séparations et divorces) et des remises en couple (plus fréquentes pour les hommes) mais aussi du fait d’une espérance de vie des hommes plus courte que celle des femmes (celles-ci perdent donc plus souvent leur conjoint aux âges avancés). Enfin, les femmes sont plus fréquemment en couple aux jeunes âges car elles se mettent en couple plus tôt (parmi les couples entre un homme et une femme, les hommes sont en moyenne plus âgés de 2 à 3 ans que leur partenaire).

Les ruraux vivent plus souvent en couple

Les ruraux vivent nettement plus souvent en couple que les habitants des unités urbaines : c’est le cas de 70 % des femmes et de 64% des hommes de 15 à 64 ans résidant dans une commune rurale tandis que cela ne concerne qu’environ 54% des hommes et des femmes des unités urbaines. Cette différence se retrouve à tous les âges, aussi bien pour les hommes que pour les femmes, mais l’écart est particulièrement marqué pour les femmes, notamment parmi les 25-29 ans (la part des femmes des communes rurales en couple dépasse de 19% celle des communes urbaines).

Avant 65 ans, les femmes de tous âges vivent plus souvent en couple que les hommes dans les communes rurales. Parmi les habitants des unités urbaines, ce n’est le cas que jusqu’à 40 ans et cela s’inverse au-delà, les hommes urbains étant plus fréquemment en couple que les femmes entre 40 et 65 ans. Une mise en couple plus précoce des jeunes hommes et femmes en milieu rural explique vraisemblablement ces différences. D’autres facteurs, comme la mobilité des plus jeunes vers les zones urbaines pour les études ou l’accès à un premier emploi, peuvent aussi rendre plus difficile d’entretenir une vie de couple durable aux jeunes âges. La vie de couple plus fréquente parmi les plus diplômés, lesquels vivent plus souvent en milieu urbain, participe également à expliquer ces différences, tout comme la fréquence plus élevée des séparations en milieu urbain.

Référence

Belliot N., La nuptialité se maintient en France, toujours plus tardive, Population, 80(4).

 

Espérance de vie à la naissance selon le sexe et le type de départements depuis 1968


Champ : France hexagonale. 
Source : Calculs de l’autrice à partir des données de la French Human Mortality Database

Lire le graphique

Ce graphique présente l'évolution de l'espérance de vie à la naissance de 1968 à 2021 entre les départements de France hexagonale regroupés en trois catégories : les départements urbains, les départements ruraux et les départements de type intermédiaire. Ces trois catégories ont été définies par EUROSTAT à partir des densités de population dans chaque département. Les départements d'Outre-mer ont été exclus de cette analyse par manque de données fiables sur cette longue période. L'espérance de vie à la naissance calculée pour une année représente la durée de vie moyenne, en années, d'un groupe d'individus qui seraient soumis, à chaque âge, aux conditions de mortalité de l'année et du type de département : entre la naissance et le premier anniversaire, ils connaîtraient le risque de décéder des individus de moins d'un an cette année-là et résidant dans les départements de chaque type, entre 1 et 2 ans, le risque de décéder des enfants de cet âge la même année, etc. L'espérance de vie n'est pas influencée par la structure par âge de la population (part relative des populations jeunes et âgées) et, à ce titre, constitue l'indicateur idéal pour comparer l'évolution de la mortalité entre populations ou, pour une même population, au cours du temps, contrairement par exemple au taux brut de mortalité.

Un avantage comparatif des départements urbains

En 2021 (derniers chiffres disponibles à ce niveau géographique), les départements urbains enregistraient globalement le niveau d’espérance de vie le plus élevé : 80,0 ans pour les hommes et 85,8 ans pour les femmes, les départements d’habitat intermédiaire se situant juste derrière (79,4 et 85,3) et les départements ruraux en dernière position (78,7 ans et 85,2 ans).
L’avantage des départements urbains sur les autres types de départements en matière d’espérance de vie à la naissance n’est pas nouveau. En ce qui concerne les hommes, la durée de vie moyenne y est supérieure à celle des autres types de départements depuis au moins 1968 mais, jusqu’à la fin des années 1980, ce sont les départements de type intermédiaire qui présentaient la durée de vie la plus courte en moyenne, les départements ruraux se situant entre ces deux autres types de départements. La hiérarchie actuelle a émergé à partir du milieu des années 1990 et les différences entre les trois types de départements métropolitains se sont ensuite progressivement accrues jusqu’à la crise sanitaire liée à l’épidémie de la COVID-19, qui a plus particulièrement affecté les départements urbains.

L’évolution des disparités a été un peu différente pour les femmes dans la mesure où les niveaux d’espérance de vie étaient très similaires dans les trois types de départements jusqu’au milieu des années 2000. Par la suite, les départements urbains ont progressivement devancé les départements de type intermédiaire et, plus encore, les départements ruraux. En 2021 l’écart avec les départements urbains atteignait 1,2 ans pour les hommes et 0,6 ans pour les femmes pour les départements ruraux contre -0,1 et -0,4 ans trente ans auparavant (en 1991), et 0,6 et 0,5 ans pour les départements de type intermédiaire (contre 0,1 et 0,5 an en 1991). Cette situation pourrait être due à la fois à des différences dans le cadre de vie (environnement naturel par exemple) et les habitudes de vie (comportements à risque notamment) et à des difficultés croissantes d'accès aux soins en zones rurales.

Référence

Barbieri M., 2025, La répartition spatiale de la population française, Population, 80(4).